Lise Béland, 1981.
Collection personnelle de Lise Béland.

Lise Béland

Fidèle à ses idéaux de jeunesse

Originaire de Shawinigan, Lise Béland adopte le Centre-Sud en 1972. C’est en participant à Action-Rénovation, et plus tard au Comité logement Centre-Sud, puis en sympathisant avec le groupe En lutte qu’elle mène ses premières actions dans le quartier. Plus tard, en 1982, comme organisatrice communautaire à la Maison internationale de la Rive-Sud, elle prend le parti des immigrants et des réfugiés. Elle milite à leur côté lors d’une manifestation qui mobilise 5 000 personnes et participe à la mise sur pied de l’Abri des réfugiés dans Hochelaga-Maisonneuve en 1983. En 1999, elle prend part au débat public autour du projet pilote de non-judiciarisation de la prostitution qui mobilise des citoyens et des organismes du Centre-Sud. Une partie d’entre eux s’oppose au projet qui vise à transformer une partie du quartier en zone franche pour la prostitution. Cette mobilisation citoyenne donne naissance à l’Association des résidants et des résidantes des Faubourgs de Montréal (ARRFM) dont elle est une cofondatrice.

Comme marguillière de la paroisse Sainte-Brigide, Lise Béland participe au processus de la vente de l’église vers 2005 et veille à ce que sa conversion serve à des fins communautaires. Elle est membre du conseil d’administration des Chemins du soleil, un organisme qui lui tient particulièrement à cœur en raison de l’aide qu’il apporte aux jeunes du quartier.

Guidée par ses idéaux de jeunesse, Lise Béland n’hésite pas à prendre la parole publiquement et à faire des revendications qui favorisent l’amélioration de son quartier et des conditions de vie de ses concitoyens et de ses concitoyennes. Son engagement bénévole a été reconnu, en mai 2012, par l’Assemblée nationale et par Martin Lemay, alors député de Sainte-Marie–Saint-Jacques.

Journal En lutte!, couverture, no 72 (vol. 4, no 4), 9 octobre 1976.

Université du Québec à Montréal, Service des archives et de gestion des documents, fonds d’archives de l’Organisation marxiste-léniniste du Canada En lutte!, 38P16b/70.

« Ma tâche de militante était de participer à la fabrication du journal En lutte. J’étais une des deux typistes […]. Ça a été les nuits blanches les plus belles de ma vie. J’avais l’impression de participer à quelque chose d’extrêmement positif. » – Lise Béland

Journée des Garderies, couverture, Asteur, vol. 2, no 4, vers 1974.

Collection de l’Écomusée du fier monde.

Vers 1973, Lise Béland milite aux côtés de Françoise David, alors organisatrice communautaire, afin d’assurer la sauvegarde de la garderie Dépannage, située rue Olivier-Robert et menacée de destruction. Ensemble, elles mobilisent les femmes du quartier autour de cet enjeu et gagnent leur combat.

« C’était des femmes qui n’avaient jamais quitté leur cuisine et leur balcon. Et là on les regroupait autour de la garderie Olivier-Robert […]. Faire du porte-à-porte, faire une pétition… On a sauvé la garderie; elle n’a pas été démolie pour agrandir le parc. » – Lise Béland

Maison de fond de cour, 1376, rue La Fontaine, 1976.

Photographie : Daniel Heïkalo.

Le point d’ancrage de la militance de Lise Béland se situe dans le porte à porte qu’elle fait en compagnie de Sammy Forcillo et de Claude Charron, lors de campagnes électorales dans les années 1970. C’est ainsi qu’elle découvre le quartier et prend connaissance de la misère vécue par une grande partie de la population du Centre-Sud. 

Lise Béland, parc Charles-S.-Campbell, 2012.

Photographie : Écomusée du fier monde.

Lise Béland milite depuis 1999 autour de la question de la non-judiciarisation de la prostitution. Le parc Charles-S.-Campbell est symbolique de cette lutte. Par leur action concertée, des citoyens et des citoyennes se sont réapproprié le parc Charles-S.-Campbell, un haut lieu de prostitution masculine dans les années 1990 et 2000.

 

 

« Je suis une simple citoyenne, mais qui voulait améliorer le quartier dans lequel elle habitait. Ça a toujours été ma trajectoire. »

Lise Béland